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La solidarité européenne mise à mort par le Covid-19

Il est toujours surprenant de revenir sur les origines d’une organisation pour en comprendre ses anomalies.

Le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), aussi appelé traité de Rome,est l’un des deux traités fondamentaux des institutions politiques de l’Union européenne avec le traité sur l’Union européenne. Il portait à sa création le 25 mars 1957 le joli nom de Communauté Economique Européenne.

La bien nommée Rome qui abrita au Capitol les délégations conduites notamment par Konrad Adenauer  pour l’allemagne Fédérale et Edgar Faure pour La France, ,était bien loin d ‘imaginer 62 ans plus tard que la notion de Solidarité entre états fût à ce point ignorée.

La faute à un virus microscopique, invisible et insondable.  « Le microbe est de retour ! » La formule est un peu déplacée certes,en ces temps de douleurs, mais vient d ‘un Jacques Delors , symbole de l ‘âge d’or de l’Union Européenne (UE).Samedi dernier, l’ancien président de la Commission européenne (1985-1995) est sorti de sa réserve pour lancer une tragique mise en garde : « Le climat qui semble régner entre les chefs d’États et de gouvernements et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l’UE. »

Il faut dire que l’UE ne s ‘est jamais auparavant montrée dans une situation aussi inconfortable.« À quoi sert donc l’UE si elle ne montre pas, en ces temps de coronavirus, que les Européens serrent les rangs et luttent ensemble pour un avenir commun ? » se demandaient jeudi dans les pages de Die Zeit et du Monde douze personnalités allemandes, dont l’ancien ministre  allemand  des affaires étrangères Joschka Fischer, 

Dès les tout premiers signes de la crise, la  réaction des 27 fût de fermer les frontières et d’y installer des contrôles sanitaires. En quelques jours, l’espace Schengen était disloqué  en conformité avecles traités en cas de crise. 

La  République tchèque, la Slovaquie, l’Autriche, la Hongrie, le Danemark et même l’Allemagne et l’Italie n’hésitèrent pas à rétablir des contrôles.La même chose s’était déjà produite lors de la crise de la vache folle. 

Le pire et à l ‘encontre de toutes les règles du marché, la France et l ‘Allemagne interdisaient dès le 3 mars toute exportations de respirateurs et de masques , alors que l ‘Italie en avait un besoin urgentissime.Sans parler de l’Espagne qui entrait dans une phase dramatique.

L ‘ambassadeur d ‘Italie auprès de l’UE Maurizio Massari s ‘était même ému, dans une tribune publiée le 10 mars sur le site Politico, que seule la Chine avait répondu favorablement au SOS des hôpitaux de Lombardie.

On sait depuis, que Cuba avec des médecins spécialistes, la Russie de Poutine avec une aide massive de 12 avions cargos  et même le très modeste voisin Albanais ont répondu favorablement à l ‘appel au secours de l ‘Italie.

Certes des patients italiens et français ont bien été transférés vers la Saxe et la Sarre, mais Bruxelles n ‘y est pour rien. La coopération entre hôpitaux européens a tenté de remédier à cette insuffisance de l ‘UE.

A Bruxelles justement on explique ces atermoiements  par le fait que la santé est du ressort des nations et non de l’institution. Cela est certes exact, mais dans ses domaines de compétences les manquements sont légions.

 La première intervention de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a immédiatement provoqué un effondrement des Bourses. Il faudra plusieurs jours pour convaincre enfin la BCE de relancer la machine à billets et de racheter 750 milliards d’actifs. Comme au moment de la crise de 2008.

Le 20 mars, Bruxelles annonçait tête baissée , qu ‘elle suspendait pour les états la règle limitant les déficits budgétaires à 3% du PIB. Honneur à Emmanuel Macron qui annonçait en novembre 2019 à The Economist que cette règle était « d’un autre siècle »

Mais le véritable affrontement reste celui « de la mutualisation des dettes ».Le sommet du 26 mars dernier par visioconférence, a mis en évidence la profonde division au sein de l ‘UE.La France et l ‘Italie y avait proposé comme lors de la crise de 2008 , la création d’Eurobonds  rebaptisés pour l ‘occasion Coronabonds. Proposition à laquelle l’Allemagne , les Pays-bas et l ‘Autriche ont catégoriquement apposés leurs véto.

« On voit hélas ! une nouvelle fois se manifester le clivage historique entre les “cigales” et les “fourmis” », a déclaré au Figaro l’ancien premier ministre italien Francisco Letta. « Le virus n’a rien à voir avec le déficit ou la dette  il nous touche tous », dit-il

L ‘europe Saxone,menée par l ‘Allemagne et les Pays-Bas soutient qu’il n ‘y a aucune raison d’être solidaire des dettes Italiennes Françaises et Espagnoles. Et propose par la voix du premier ministre Néerlandais Mark Rutte de créer un  » Fond de Solidarité » de 10 à 20 milliards d ‘euros.En tout cas des mécanismes scabreux pourraient être mis en place afin de répondre aux demandes des pays les plus impactés par la crise du Covid-19.Dont l ‘activation du MES Mécanisme Européen de Stabilité crée en 2008.

Mais comment aboutir à une solution plus humaine que financière alors que les divergence entre états n’ont jamais été aussi criantes sur presque tous les domaines.

Si la question de la Mort de l ‘Union européenne se pose, en effet , les sondages en Italie et en Espagne font ressortir la triste conclusion que les pays latins ont été abandonnés par les états du nord.

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